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Alessandro Magnasco

1667 - 1749

The Raising of Lazarus
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DESCRIPTION



Huile sur toile, 35.5 x 45 cm Inscription au revers de la toile : « original du peintre lissandro »
Exposition: Alessandro Magnasco (1667-1749). Les années de la maturité d’un peintre anticonformiste, Fausta Franchini Guelfi (dir.), Paris, galerie Canesso, 25 novembre 2015 – 31 janvier 2016 ; Musei di Strada Nuova – Palazzo Bianco, Gênes, 25 février – 5 juin 2016 (hors catalogue). La scène se déroule sous un arc rocheux qui s'ouvre sur le ciel bleu et qui représente le lieu de sépulture : sur le fond à droite, on distingue deux cippes funéraires en forme de pyramide. Sur la gauche, le Christ, drapé d'un lourd tissu bleu ciel, tend le bras d'un geste impérieux pour ressusciter Lazare ; derrière lui, Marthe, sa sœur, exprime son émerveillement. Au premier plan, revêtue d'un manteau jaune, Marie Madeleine, que l'on reconnaît grâce à ses cheveux blonds, est agenouillée, les bras écartés, devant un tel miracle. Autour du Christ, d'autres figures agenouillées ou en prière, une de celles-ci se bouche le nez à cause de l'odeur qui émane du cercueil. Sur la droite, trois hommes robustes et à moitié nus tirent de la tombe souterraine d'où surgit une échelle, le corps de Lazare qui s'anime et se tourne vers le Christ de façon très dramatique. La structure de la composition apparaît, comme toujours pour les œuvres de Magnasco, parfaitement calibrée dans le mouvement et la disposition des figures : au bras droit de Marie Madeleine correspond le bras gauche de Lazare, les deux groupes de figures sont reliés par la Madeleine agenouillée, l'échelle qui dépasse du sépulcre marque la diagonale qui va du corps de Lazare à la tête du Christ se dessinant sur le fond homogène du ciel. La foule de personnages aux gestes nerveux, représentées avec un ductus pictural très enlevé qui désagrège les formes en filaments de lumière, donnent une interprétation fortement dramatique à cet épisode de l'Évangile selon Saint-Jean qui renvoie aux chefs-d'oeuvres de la peinture religieuse baroque. Dans ses nombreux tableaux à sujet religieux, Magnasco fait encore référence à l'art baroque tant pour la disposition scénographique que pour l'intensité dramatique. L'artiste représenta souvent des miracles du Christ dans de grandioses architectures classiques peintes par son collaborateur Clemente Spera ; en revanche, cette Résurrection de Lazare est entièrement de la main de Magnasco, comme le laisse transparaître la très grande qualité picturale et la souplesse extraordinaire de ses coups de pinceau. Le tableau vient prendre place dans les années de la maturité de l'artiste (1735-1740), à côté de trois autres compositions d'épisodes tirés des évangiles, La guérison du paralytique du Louvre (donation Kaufmann et Schlageter) et deux toiles de collection privée, Le Lavement des pieds et Le Christ remettant les clés à saint Pierre (F. Franchini Guelfi, « Les peintures d'Alessandro Magnasco (1667-1749) au musée du Louvre », Revue du Louvre, LII, 2002, n° 5, p. 52-53, avec bibliographie précédente). Ces quatre tableaux, de dimension identique, ont encore en commun les mêmes accents stylistiques, ce qui permet d'avancer l'hypothèse qu'ils puissent appartenir à une série. Magnasco a peint une autre Résurrection de Lazare, stylistiquement plus tardive, dont le pendant représente Le Christ et la femme adultère (collection privée, env. 1745. Voir L. Muti-D. De Sarno Prignano, Magnasco, Forlì, 1994, ill. 378-381). Le tableau est sur sa toile d'origine et présente au revers une inscription ancienne : « original du peintre lissandro ».